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Septembre 2012 – Portugal - Espagne


   Bonjour à tous,

   Vous nous retrouvez, en ce début de mois de septembre, à la fête annuelle de Luz.
   Elle s’étale sur 4 jours, du vendredi soir au lundi soir, du 31 août au 3 septembre.
   Oui, je dis s’étale, car c’est vraiment cela. Il se passe bien 2-3 heures entre chaque manifestation : une procession, un orchestre, une vacada, la tourada, un bal, le feu d’artifice… Chez nous, en France,  il faut souvent choisir, on ne peut pas tout voir. Ici, ils prennent le temps.
   Pour tout dire, nous avons vécu pendant 4 jours avec beaucoup de bruit. Pour annoncer le début ou la fin d’une journée ou une prochaine manifestation, une pétarade éclate dans le ciel. Dans les cafés, où nous allons régulièrement, on s’entend tout juste. On a remarqué que les hommes ne se parlent pas, ils crient très fort. Et pour se faire entendre, ils parlent plus fort que leur voisin. De plus, la télé est toujours allumée.  
   Cela ne nous a pas empêché d’apprécier ces moments de convivialité.  La fête attire beaucoup de monde des environs, et puis, les familles dispersées se retrouvent à ce moment là. C’est donc l’occasion, aux enfants, oncles, tantes, cousins, de venir à Luz pour la Festa. Les portugais aiment faire la fête, chanter, danser et mangent beaucoup ! Beaucoup de viande.

   La fête finie, nous avons été découvrir les alentours, là où tout est recouvert par les eaux du barrage d’Alqueva. Le paysage change bien sûr. Pour moi, c’est beau pour les yeux, pour les villageois, trop de souvenirs engloutis les empêchent d’apprécier ces nouveaux paysages. Ils y vont peu, quelques  pêcheurs seulement.
La mémoire a été gardée et présentée dans un très beau musée, MUSEUDALUZ  où l’on retrouve notre amie, Catarina.
(lien : http://www.museudaluz.org.pt/index.htm?no=0000001 )

 

© Colette Saudubois

  © Colette Saudubois

 © Colette Saudubois

 © Colette Saudubois

 © Colette Saudubois

 © Colette Saudubois

  © José Saudubois

© Colette Saudubois

  © Colette Saudubois

  

© Colette Saudubois

  

 Lundi 10 septembre : nous quittons Luz et nous nous arrêtons pas très loin, à peine 100 km. Un autre lac nous attire. Il faut dire qu’il fait tellement chaud que nous recherchons un peu d’eau. Nous nous installons à Oriola, village connu pour son usine de fabrication de saucisses, el « Painho » (prononcez payo). Nos journées sont maintenant rythmées par la découverte de la région en longeant les bords du lac. Nous avons toujours autant de soleil et de chaleur. 35°, voir plus.

   Pour nous rafraîchir, nous avons repéré un lavoir à la sortie du village, tout propre et en bon état. Il est entouré de murs, donc bien discret.  Ho ! Quel bonheur ! Tous les soirs, nous nous glissons, chacun dans notre bac, et prenons un bon bain (et nous nous  lavons bien sûr, c’est bien un lavoir, non !).

   Ici, ce ne sont plus les oliviers qui dominent mais les chênes lièges. Ils sont superbes, très altiers, avec leurs grosses branches qui font des arabesques au dessus du sol. Et d’autres, ont leur tronc déjà tout dépouillé de leur écorce. La récolte du liège est importante.
Le paysage est tout jaune, grillé par le soleil. Il faudrait y revenir au printemps.

   Nous avons toujours l’envie de filmer la fabrication du pain à la maison, dans les pays traversés. Nous venons à l’information auprès de la Junta de Freguesia (Mairie). L’employée nous précise qu’à sa connaissance, plus personne ne fabrique son pain ici, chez soi. Par contre, elle nous indique un autre village, Vidigueira. Après un repérage, rendez-vous est fixé avec Esméralda vendredi prochain. 

 © Colette Saudubois

© Colette Saudubois

© Colette Saudubois

© Colette Saudubois

© Colette Saudubois

© Colette Saudubois

© Colette Saudubois

   Vendredi 14 septembre : Vidigueira

   Nous passons la journée en compagnie d’Esméralda, et son beau-frère, José qui fabriquent le pain traditionnel dans un four chauffé au bois. C’est leur job, 6 jours/7. Nous les avons retenus car ils travaillent à l’ancienne dans leur maison de famille.
   Le vendredi est leur plus grosse journée : de 7 heures du matin jusqu’à 20 heures, 4 tournées, avec pour chacune 100 pains environ, comprenant la mise à température du four par le remplissage de bois ; le pétrissage, 20 mn ; le temps de pause pour que la pâte lève, 1h30 mn ; confection des boules de pain ; et mise au four, temps de cuisson 1 heure. Tout se déroule dans le calme, peu de mots échangés, chacun connait bien sa tache. Et lorsqu’il faut laisser au temps faire son travail, chacun va s’asseoir sur une petite chaise et fume une cigarette  ou s’installe devant la télévision.
    Et puis, la porte reste ouverte pour ceux qui viennent acheter du pain tout chaud. Le travail est donc entrecoupé par la visite de clients, il faut  rendre la monnaie, les mains pleines de farine.

   Nous avons passé une excellente journée en leur compagnie, à les filmer. Nous le savions, mais nous l’avons vu de prêt : c’est un dur travail dû surtout à la chaleur devant le four, 400° nous a précisé José (le boulanger). Il nous reste maintenant à réaliser un petit film. En attendant, je vous dépose quelques photos.

 © Colette Saudubois  © Colette Saudubois

© Colette Saudubois

 © Colette Saudubois

 © Colette Saudubois

 © Colette Saudubois

   Nous laissons Esméralda et José terminer leur journée et nous nous dirigeons vers Beja. Nous avons besoin de faire une petite réparation pour le camion. Nous avons perdu un boulon, nous ne pouvons rester comme cela trop longtemps. C’est là que nous trouverons un concessionnaire VW. Il nous faut attendre mardi, alors nous visitons la ville.

   Samedi 15 septembreManifestation nationale

   Nous visitons la ville et nous entendons beaucoup de bruit. Nous nous dirigeons vers l'endroit d'où ils proviennent. Nous tombons sur une manifestation. Surpris, nous nous approchons et nous nous faufilons dans la foule. Nous ouvrons grands nos yeux et nos oreilles.
   Il est 18 heures environ et nous les quitterons, il sera presque 21 h.

   Pour en savoir plus, allez voir la page de septembre de Sur la route  après le portfolio.

  et voici en images :
 

 © Colette Saudubois

© Colette Saudubois

© Colette Saudubois

© Colette Saudubois

© Colette Saudubois

 

   Une autre surprise nous attend. Nous nous trouvons à visiter le château. Nous apercevons deux hommes, sortant en costume traditionnel et se dirigeant dans la rue. Hop ! Nous les suivons. Finalement, nous arrivons devant une radio locale, « Voz da Planicie », où une quinzaine d’hommes sont déjà là. Ils entrent et nous nous glissons derrière eux. Ils se regroupent dans le petit salon, situé près de la salle d’enregistrement. Ils viennent pour chanter en direct. Belle aubaine. Le technicien accepte que nous restions là, sans bruit bien sûr. Et nous découvrons  alors le répertoire de ce groupe vocal de chants traditionnels, "Os Populares do Cacèm", issu de l’Alentejo. Traditionnellement, hommes et femmes chantaient dans les champs, au moment du repos. Aujourd’hui, les groupes qui reprennent ces chants sont essentiellement constitués d’hommes, comme ici, plus très jeunes d’ailleurs. Ils ont eu plaisir à partager leur culture.
    Juste avant de nous quitter,  João, un des chanteurs, m’offre son « canudos », accroché à son boléro. Il s’agit de 3 protections de doigts en bois que les hommes utilisaient pour couper le blé. Encore merci João pour votre attention.

 © Colette Saudubois

© Colette Saudubois

 

   La réparation s’est faite  sans soucis. Nous repartons pour le sud, avec l’idée en tête d’aller vers la «Serra Monchique», en Algarve. Au moment de prendre la direction, José se souvient d’avoir lu et vu des photos sur une région, plus à l’est, un Parc naturel autour de Mertola.  «Cela devrait être beau» me dit-il, et puis, nous connaissons déjà le coin où nous voulions nous rendre.

   Alors, finalement, nous changeons le cap et nous arrivons à Mertola, mardi 18 septembre au soir. Nous ne sommes pas déçus. De très beaux paysages, vallonnés, avec oliviers, chênes lièges, sapins, sur un tapis doré. Nous passons une semaine à découvrir toutes les richesses de cette petite ville de près de 2000 habitants. Un archéologue, passionné, a su convaincre les autorités pour mettre en valeur tous les trésors archéologiques de Mertola : les sites fouillés sont restés visibles et aménagés pour la visite, un très beau et riche musée d’Art Islamique, la Basilique paléochrétienne, la maison romaine, le château…... Et par chance, nous profitons des animations organisées pour ce week-end (Concert, chorégraphie «Pulsar»).

   Nous avons rencontré ici des gens charmants, notamment, Fernando, qui travaille au Musée d’Art Islamique. Passionné, il a su nous faire partager son savoir par une visite nocturne de quelques musées. Et puis, merci au café «El Guadiana», Place Largo Vasco da Gama, où nous avons été presque tous les jours pour travailler, préparer ce nouveau billet, avec internet à volonté.

© Colette Saudubois

© Colette Saudubois

 J'étais installée au café devant mon ordinateur. Et j'ai vite sortie ma petite caméra.

 

  Entre temps, nous avons passé une journée à Las Minas de São Domingos, 21 kms plus loin. De 1858 à 1966, cette ville a connu l’exploitation de minerais (cuivre, or, fer,sulfates…), avec plus de 4 000 mineurs qui y travaillaient dans des conditions très difficiles. Il en reste l’énorme trou qui s’est rempli d’eau devenu un lac, d’anciens puits et quelques bâtiments délabrés.

Photos 38-39

© Colette Saudubois

© Colette Saudubois

   Mardi 25 septembre, nous quittons le camp pour rejoindre l’Espagne.

   Nous venons de connaitre  notre première journée de pluie hier lundi. Et aujourd’hui, nous partons sous un ciel couvert. L’automne qui s’annonce sans doute.

   Nous faisons une petite halte au Parc National et naturel Donana en Espagne avant de rejoindre  Algesira.
   Une petite immersion dans cet immense Parc, situé en bordure de mer, qui s’étend sur 150 000 ha, où vit le lynx ibérique.

  

   J’ai passé un superbe mois de septembre, à découvrir ou redécouvrir ce pays, le Portugal, que j’aime beaucoup. Et puis, je me redis, profite, profite, cela ne va pas durer. Alors, je savoure tous ces instants.  Avoir le temps pour soi, pouvoir choisir ce que sera ma journée. Vous allez me dire,  « Mais alors, aucun soucis ? »  Je répondrais : « Presque. Juste mes lombaires qui me rappellent à l’ordre de temps en temps.  Les mois s’ajoutent, j’accumule une petite fatigue, dû au fait que je me baisse à chaque fois que je rentre/sors du camion. Je suis penchée aussi quand je cuisine (le plan de travail est plus bas que la normale), et si, par mégarde, le camion n’est pas  tout à fait à l’horizontal, alors mon dos me le dit tout de suite le lendemain matin.  Mais, rassurez-vous, je ne marche pas comme une grand-mère pour autant. J’essaie d’y faire attention pour que ce soit passager.

   La pluie est restée avec nous pendant ces derniers jours de septembre. J’ai hâte de passer vers l’autre continent afin de retrouver la douce chaleur du soleil.

   Je vous embrasse bien fort.
   Gros bisous à tous et à chacun,
   A la prochaine,

   Coco

 

                            Cette petite photo pour donner de la couleur au temps gris qui m’entoure.

 © Colette Saudubois

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